« Refléter, nommer une émotion ou poser une hypothèse provisoire reste dans le registre de l’accompagnement, à condition que ce soit le client qui ait le dernier mot. » Extrait d’un article écrit par Alice Albertini, art-thérapeute (pour le lire en intégralité : suivre ce lien).
« La meilleure interprétation de l’image est celle du client. Toute interprétation est provisoire et le sens appartient toujours au client. L’art-thérapeute crée les conditions pour que le client entre en dialogue avec sa propre création. L’image créée en art-thérapie se retrouve chargée de projections (du client, de l’art-thérapeute, de ceux qui veulent une interprétation) ce qui confirme la nécessité d’une formation solide (…) ».
« Il y a quelque chose de révolutionnaire dans le fait que l’art-thérapeute refuse d’interpréter une image pour permettre une démarche plus profonde et nuancée. L’art-thérapeute n’a pas à tout comprendre. L’image créée en séance n’est pas une énigme à résoudre. Et le silence devant une œuvre peut être bien plus thérapeutique qu’une brillante interprétation.
Ce que la pratique de l’art-thérapie professionnelle enseigne (à travers Betensky, Hinkel, Tobin, McNiff, Rubin et Klein) c’est que la transformation ne vient pas de l’expert qui devinerait ce que le client ne sait pas. La personne, accompagnée dans cet espace, voit elle-même ce qu’elle ne pouvait pas voir seule. Ne pas interpréter, c’est faire confiance à la capacité de la personne. Et cette confiance, soutenue par une présence formée, attentive, non interventionniste, est peut-être la forme la plus développée de la compétence clinique (…) ».
« C’est cela, l’art-thérapie : une rencontre entre un être humain et sa propre capacité de création, accompagnée par un-e professionnel-le dont la compétence principale est de ne pas intervenir trop vite — et souvent, de s’enlever du chemin ».