Redonner les mots, éveiller les souvenirs à travers des sons et des sensations, apaiser face à des crises d’agressivité, aider à communiquer d’une autre manière… sont autant de bénéfices apportés par un accompagnement en art-thérapie pour ces personnes.
L’art-thérapie permet aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (ou d’une maladie neurodégénérative apparentée) de retrouver une forme d’expression autre que la parole, quand les mots leur manquent bien souvent. C’est aussi une manière de recréer du lien avec le monde extérieur et son entourage et éviter le repli sur soi grâce à un nouveau mode de communication.
L’atelier, un lieu aux multiples facettes
Comme l’écrit Christine Hof (Art-thérapie et maladie d’Alzheimer – Quand les couleurs remplacent les mots qui peinent à venir), « l’étincelle créatrice peut jaillir des ténèbres de la démence lorsqu’une relation thérapeute-patient, basée sur la confiance et le respect, grandit dans un lieu protégé, un atelier qui invite à la création. Ce dernier, tel un creuset, permet la prise de conscience et la transformation s’il contient des ingrédients tels que l’expression non verbale, la liberté, le plaisir, l’humour, l’écoute, le toucher, l’empathie et l’autonomie ».
L’atelier doit donc être un lieu sécurisant et protégé, un lieu de décision et de choix, de revalorisation et de réhabilitation, de toucher, d’écoute, de liberté, d’empathie, un lieu où l’on « travaille », un lieu de renaissance et de progrès, de communication, un lieu pour se plaindre, un lieu de plaisir partagé.
De l’importance du plaisir. L’atelier peut être considéré comme un espace de jeu dans lequel la personne n’aborde pas ses problèmes de fond mais peut ressentir le plaisir :
- de découvrir une technique, de manipuler des outils,
- de rencontrer d’autres personnes,
- de créer,
- de faire des choix,
- d’avoir un résultat satisfaisant,
- d’évoquer, de raconter des bribes de sa vie,
- de découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité,
- de progresser.
Les objectifs de l’atelier d’art-thérapie
Les objectifs les plus courants sont les suivants :
- estime de soi et valorisation (besoin de se sentir utile, reconnu, besoin d’autonomie, d’expression de soi),
- apprivoiser un nouveau lieu de vie,
- trouver un sens à sa vie (toujours selon Christine Hof, « la personne désorientée, malgré ses pertes physiques et mentales, prend conscience du fait qu’il se passe quelque chose de nouveau et que le ciel au-dessus d’elle n’est pas uniformément gris »),
- exprimer les sentiments et les émotions,
- favoriser les relations sociales (importance du groupe, expérience d’une vie de groupe, relations avec l’extérieur, liens intergénérationnels).
Et l’art-thérapeute dans tout ça ?
Au contact de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie neurodégénérative apparentée, l’art-thérapeute apprend à mettre ses pas dans les leurs, à apprécier la profondeur des silences, à goûter à la saveur du temps et à découvrir la richesse d’un moment passé en leur compagnie.