En entrant en institution, une personne quitte sa maison, presque toutes ses affaires, certaines relations sociales, son rythme de vie, qui était parfois routinier depuis 20 ans.
La perte d’autonomie
Avec l’avancée des difficultés physiques (soins douloureux, plaies, chutes, restrictions alimentaires, rhumatismes…), peuvent arriver des expériences très désagréables de son propre corps : il ne « porte » plus (problèmes d’équilibre, de faiblesse des jambes), ou bien c’est une « prison » douloureuse. « Comment alors (re)vivre le plaisir des sens et de la créativité, malgré un corps inconfortable ou qui me trahit, des mouvements limités, une acuité sensorielle souvent émoussée ? ».
De même, avec l’augmentation des troubles cognitifs qui entravent la communication par les canaux habituels (langage rationnel), la question suivante peut se poser : « qui peut entendre et recevoir les impressions, l’émotion, les formes, de ce que je veux exprimer, de ce que je dois exprimer ? Quelle personne, quel média, peuvent l’accueillir ? ».
La proposition d’accompagnement en art-thérapie
Les séances en petit groupe proposées par l’art-thérapeute vont permettre aux résidents de se laisser transformer par le jeu de la création (peinture, dessin, collage, modelage…), réduisant ainsi leur anxiété et leurs angoisses mais aussi les rassurant, les soutenant pour leur permettre d’accéder à plus d’autonomie. Elles vont également faciliter l’expression des sentiments et des émotions en toute confiance et développer le sentiment d’appartenance au groupe. Enfin, elles vont les aider à retrouver confiance en eux, motiver et stimuler leur capacité de concentration.
Les résultats observés chez les participants
La personne redevient actrice de sa vie en élaborant une œuvre qui devient moyen de communication et ainsi créateur de lien. L’art-thérapie agit sur les plans psychologique, moteur, cognitif et sensoriel en libérant et soulageant des douleurs indicibles. Le bien-être de la personne s’améliore. On constate moins de déambulations et d’angoisses existentielles, une meilleure coordination des gestes et des mouvements, une meilleure communication verbale ou non verbale, et surtout… une reprise de goût à la vie.