Une étude portant sur 1 885 sportifs de haut niveau âgés de 16 à 25 ans suivis par le ministère chargé des sports révèle qu’un jeune athlète français sur cinq exprime un mal-être.
Une sensibilisation des jeunes sportifs aux enjeux de la santé mentale
Depuis quelques années déjà, des athlètes de renom comme Michael Phelps ou Naomi Osaka ont alerté l’opinion publique à ce sujet. Dans le contexte de la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, cette enquête menée par Harris Interactive, a révélé un intérêt marqué des jeunes sportifs pour les questions de santé mentale : près de 10 % des jeunes sur liste ministérielle ont répondu au questionnaire. Cet engagement témoigne d’une prise de conscience collective des athlètes de la nouvelle génération, qui souhaitent aborder ouvertement le sujet des maladies mentales.
Les jeunes sportifs sont exposés à des sur-risques spécifiques
Si la majorité des jeunes sportifs de haut niveau indiquent ne pas ressentir de mal-être actuellement, ils sont près d’un sur cinq à exprimer des difficultés. Evalués via des échelles scientifiques reconnues, les résultats révèlent ainsi des risques de dépression modérée à sévère chez 17% des jeunes sportifs, de troubles anxieux généralisés (24%) et de troubles du sommeil (44%). Chez les athlètes comme en population générale, les jeunes sont donc exposés à des risques accrus de développer des troubles psychiatriques.
Trop souvent, les sportifs ont passé sous silence leurs problèmes de santé mentale au nom de « l’esprit de sacrifice ». Mais les athlètes sont confrontés aux mêmes problèmes que ceux observés dans le reste de la population, même si l’opinion a tendance à leur donner le qualificatif controversé de « super-héros ».
Or, pour leur permettre d’exceller dans leurs performances, santé mentale et santé physique sont indissociables. Il est donc essentiel d’armer l’ensemble de l’écosystème sportif pour reconnaître et prendre en charge ces problèmes de manière proactive, car les sportifs sont exposés, du fait de leur contexte de vie, à des sur-risques spécifiques (stress de la compétition, pression médiatique, blessures…) et doivent être accompagnés de manière appropriée.
L’entourage du jeune sportif, un soutien essentiel
Cette étude révèle que le cercle social proche, notamment la famille (66%) et les amis, est privilégié par les jeunes sportifs pour aborder les questions de santé mentale. Les moins de 20 ans, en particulier, se tournent principalement vers leur famille, tandis que les plus de 20 ans sont davantage enclins à consulter des professionnels de santé mentale.
Dans le cadre de la surveillance médicale réglementaire (SMR), les jeunes sportifs sur liste ministérielle réalisent chaque année un bilan psychologique permettant de faire un état des lieux de leur vie personnelle, sportive, professionnelle ou scolaire. Ce bilan, obligatoire depuis 2006 et actualisé en 2016, permet un premier niveau essentiel de repérage et de prévention.
Pourtant, parmi les jeunes sportifs présentant des signes de troubles anxieux ou de dépression, un tiers seulement déclare avoir fait appel à un psychiatre ou à un psychologue au cours des douze derniers mois. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de renforcer et de compléter les dispositifs existants afin d’inciter les athlètes à consulter un professionnel de santé spécialisé lorsqu’ils en éprouvent le besoin.
Il est donc crucial d’amplifier les actions menées en matière de prévention, de prise en charge et d’orientation des jeunes sportifs et de leur entourage familial et professionnel. Pour bien performer, être en bonne santé physique et mentale est une nécessité. Il n’y a rien de honteux à avoir un trouble anxieux ou dépressif, ce sont des maladies comme les autres qui se diagnostiquent et qui se soignent.
(Communiqué de presse de la Fondation FondaMental, 17 sept. 2024)